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Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ? |
Deuxième partie de mon article consacré aux lieux-clés de l'Occupation de Paris, durant la seconde guerre mondiale, retrouvés pour un habituel comparatif Avant/Après.
Précisons, une nouvelle fois, que mon but est, avant tout, de livrer un témoignage de la vie des Parisiens durant l'occupation, indépendamment de tout déroulé historique. Comment nos grands-parents ont pu survivre à cette sombre période de l'histoire de notre pays, c'est la question à laquelle cet article s'efforcera de répondre.
Comme dans mon article précédent (disponible ici-même) mon approche sera géographique (par arrondissement donc). Ayant déjà traité les 8 premiers arrondissements de Paris, place donc aux douze suivants.
9EME ARRONDISSEMENT
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| Depuis le 14 juin 1940, les troupes allemandes occupent la capitale. Les Parisiens doivent désormais s'habituer a côtoyer l'envahisseur au quotidien. (Photo prise par Robert Doisneau en 1943) |
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| Si on se réjouit de la disparition des officiers nazis, on déplore cependant que l'Opéra Garnier soit transformé en panneau publicitaire, le temps des travaux de ravalement. |
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Nouvelle photo de Robert Doisneau montrant des tickets de rationnements (généralement appelés cartes de ravitaillement). Ces bons étaient émis par le gouvernement (dès 1940) pour donner à son titulaire le droit d’acheter une certaine quantité de nourriture (ou dans le cas de la photo, de charbon). Ces tickets deviennent indispensables pour survivre, mais ils ne suffisent souvent pas à couvrir les besoins de la population. Les Parisiens doivent alors faire preuve d’ingéniosité, en cultivant de petits potagers ou en se tournant vers le marché noir, où les prix sont élevés et les risques importants. Contrairement à l’idée reçue, les tickets de rationnement ne disparaissent pas avec la fin de la guerre, il faudra attendre 1949 pour que leur emploi soit définitivement abrogé. |
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| Des panneaux indicateurs germaniques en plein Paris ! |
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| Comme dit plus haut, le Palais Garnier est actuellement en travaux et transformé en un hideux panneau publicitaire. J'ai donc dû farfouiller sur le Net pour trouver une photo montrant la façade de l'Opéra du temps de sa splendeur. (Source photo : Le Point © Gabrielle & Michel Therin-Weise / Robert Harding Premium) |
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La Kommandantur (Commandature en version française) est
une structure de commandement militaire de l'armée allemande dans les
territoires conquis. La Kommandantur à Paris était donc l'autorité militaire allemande chargée de représenter et d'appliquer le pouvoir d'occupation dans la capitale. Elle coordonnait le maintien de l'ordre et la sécurité (contrôles, patrouilles, arrestations), faisait respecter les réglementations (couvre-feu, restrictions de déplacement), supervisait la censure et la répression des activités résistantes, et organisait les réquisitions économiques (main-d'œuvre, biens, denrées). Elle servait aussi d'interface entre l'administration militaire allemande et les autorités civiles françaises, imposant décisions et mesures au nom de l'occupant. |
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Aussi incroyable que cela paraisse aujourd’hui, la Kommandantur se trouvait dans un immeuble donnant directement sur la place de l'Opéra, à l'angle de la rue du 4 Septembre et de l'avenue de l'Opéra (d'où les panneaux indicateurs dans la langue de Goethe, vus sur la photo précédente). Elle se trouvait dans les locaux actuellement occupés (!) par la BNP.
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Autre vue de la Kommandantur. Si aucune voiture n'apparait sur cette photo, c'est tout simplement que la circulation y est interdite pour des raisons de sécurité.
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| L'impressionnante perspective de l'avenue de l'Opéra. Pour l'anecdote, c'est la seule avenue de Paris qui soit totalement démunie d'arbre ! |
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| La station Opéra photographiée le 13 octobre 1939. Photo tirée des archives RATP. |
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| Même si la station de métro Opéra a servi d'abri anti aérien, au début de la seconde guerre mondiale, la circulation des métros y était pourtant maintenue de manière normale. Seules quelques parties de la station faisaient office d'abri. |
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| Une patrouille allemande à cheval, photographiée devant l'Opéra dans Paris occupé. |
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Installation, le 5 septembre 1941, de l’exposition ouvertement raciste et antisémite «Le Juif et la France». Celle-ci se veut scientifique, puisque fondée sur les travaux du professeur George Montandon (déjà auteur du livre Comment reconnaitre le Juif ? publié en 1940). Financée par l’officine allemande, l’Institut d’étude des questions juives (IEQJ), l’exposition a pour but de démontrer les «méfaits et l’emprise des Juifs sur la France» et se terminera le 15 janvier 1942.
 | | L'exposition a, fort heureusement, plié bagage puisqu'elle est désormais remplacée par une agence BNP au 31, boulevard des Italiens. |
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| Pendant la seconde guerre mondiale, les files d’attente et le rationnement faisaient partie du quotidien. À cause des pénuries, l’État limitait la distribution de produits essentiels comme le pain, le sucre, le beurre ou le charbon. Comme nous l'avons vu plus haut, chaque famille recevait des cartes de rationnement, sans lesquelles il était impossible d’acheter certaines denrées. Les habitants passaient souvent de longues heures à attendre devant les magasins, dans l’espoir d’être servis. |
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| Comme
nous l'avons déjà évoqué dans la première partie de cet article, les photos étaient interdites pendant l’Occupation.
Ce ne fut donc pas une mince affaire que de trouver des photos des files d’attentes
(précisément car elles illustrent les pénuries auxquels devaient faire face les pays occupés par
les Allemands). Les trois seules photos que j’ai pu clairement identifier comme se trouvant à
Paris, figurent dans le présent article. Quoi qu’il en soit, le 11, rue Drouot, où se trouvait la "Maison du
jambon d’York", montrée ci-dessus, n'existe plus ! En effet, le développement du proche hôtel
Drouot a entrainé la démolition de la boutique, ainsi que de toute la rue sur laquelle
elle donnait. L’Hôtel Drouot (célèbre pour ses ventes aux enchères) existe depuis 1852, mais il a, toutefois, été largement étendu et modernisé entre 1976
et 1980. |
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| La (sinistre) Milice Française est une organisation paramilitaire créée en janvier 1943 par le régime du Maréchal Pétain et est dirigée par Joseph Darnand. Elle a pour mission officielle de maintenir l’ordre du gouvernement de Vichy, mais elle se distingue surtout par sa collaboration active avec les Nazis. La Milice participe à la traque des résistants, des opposants politiques et des Juifs, utilisant la dénonciation, la torture et les exécutions. |
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| Ironiquement, ce bâtiment, situé au 13, rue de Châteaudun, avant d'être réquisitionné par la Milice française, en 1944, abritait précédemment le siège du Parti Communiste Français. |
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| Ce "foyer du soldat" était tenu par la Croix-Rouge allemande. Il servait également de restaurant (ouvert dès septembre 1940) et faisait face au Moulin-Rouge (dont nous parlerons lorsque nous arriverons au 18ème arrondissement). |
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| Le foyer de soldats a été remplacé par un fast-food (caché par un arbre ayant poussé depuis lors) au 3, place Blanche. |
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| Deuxième photo d'une file d'attente. Comme on peut le voir ici, elles étaient bien souvent majoritairement constituées par des femmes, des enfants et des personnes âgées. Les pénuries de farine et les réquisitions rendaient l’approvisionnement des boulangeries très incertain. Premier arrivé, premier servi. Dernier arrivé, repart bredouille. |
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| Désormais, il est inutile d'attendre devant le 29, rue Richier : le commerce a mis la clé sous la porte ! |
10EME ARRONDISSEMENT
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| Instauré en 1943 par le gouvernement de Vichy, à la demande de
l’Allemagne nazie, le Service du Travail Obligatoire obligea de nombreux jeunes
Français à aller travailler outre-Rhin afin de participer à l’économie de guerre
allemande. Cette mesure suscita une opposition massive : certains cherchèrent à
se soustraire à cette obligation en se cachant, tandis que d’autres rejoignirent
les réseaux de la Résistance ou les maquis. Dans ce
contexte, certains lieux furent mis en place à Paris pour encadrer ces réquisitions. On voit sur cette photo l'un des bureaux de renseignements. Il avait pour mission d'accueillir les travailleurs bénéficiant d’une permission ainsi que leurs proches.
On y trouvait des informations administratives, des indications sur les
conditions de retour d'Allemagne. |
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| Le Comité ouvrier de secours immédiat (COSI) était une organisation collaborationniste créée à Paris. Fondé en 1941, il avait, officiellement, pour objectif d’apporter une aide matérielle rapide aux travailleurs et aux familles touchées par les difficultés économiques liées à la guerre, comme le manque de nourriture, de vêtements ou de chauffage. Cependant, le COSI servait aussi d’outil de propagande visant à influencer le monde ouvrier et à limiter la propagation des mouvements de résistance et des organisations syndicales interdites. Une partie des fonds distribués aux victimes furent prélevés sur les biens des juifs tandis qu'une autre provenait des autorités allemandes d’occupation. Sur cette photo, datant de 1942, on voit un groupe d’enfants sinistrés embarquant dans un bus en direction D‘Hermonville. |
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| Le siège du Comité ouvrier de secours immédiat était situé au 213, rue Lafayette, dans les anciens locaux de la CGT. |
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Octobre 1943. Un groupe de jeunes affiliés au COSI, et à d’autres partis collaborationnistes, partent pour une mission de sauvetage et de déblayage en région parisienne.
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11EME ARRONDISSEMENT
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Le 13 mai 1941, 7000 hommes et femmes juifs reçoivent une convocation de couleur verte (donnant son nom à la rafle du billet vert) émanant de la police française pour « examen de situation ». Pensant répondre à une formalité administrative, la plupart des destinataires de la convocation se rendent dans les centres indiqués, sans se douter du sort qui les attend. (Photo © Mémorial de la Shoah)
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| Plusieurs milliers de juifs sont arrêtés par la police française. C'est la première rafle effectuée en France, plus d’un an avant celle du Vel’ d’Hiv. (Photo © Mémorial de la Shoah) |
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| L'intérieur du gymnase Japy au moment de la rafle. (Photo © Mémorial de la Shoah) |
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Cette rafle s’inscrit dans les grandes arrestations massives de juifs menées à Paris, orchestrées par la police française sous l’autorité de l’occupant nazi. Le gymnase Japy servit de lieu de rassemblement et de détention provisoire pour des familles et des individus arrêtés avant leur transfert vers les centres d’internement (notamment Drancy) puis vers les camps d’extermination en Allemagne et en Pologne. (Photo © Mémorial de la Shoah) |
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| Difficile, de nos jours, d'imaginer les futurs déportés faire la queue devant le gymnase Japy ! |
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| "En raison du danger d'occupation" On ne saurait mieux dire ! |
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| Depuis la guerre, la station "Petits Ménages" a été débaptisée et renommée "Corentin Celton". |
12EME ARRONDISSEMENT
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| Le cinéma Lux-Bastille, construit en 1937, se trouvait 2, place de la Bastille et comportait 850 places. Cette photo a été prise en 1942, avec, à l'affiche, le film "Haut-le-vent" de Jacques de Baroncelli. A noter que le cinéma restait un divertissement très populaire à Paris pendant l'occupation, malgré le couvre feu et les horaires limités. Il va sans dire que la production cinématographique était totalement soumise à la censure allemande. |
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| Le cinéma Lux-Bastille a finalement été détruit en 1984 et a laissé place à l'opéra Bastille. |
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| Au début de la guerre, la colonne de Juillet, place de la Bastille, a été dotée d'un dispositif de protection contre les bombardements. Cette installation, bien que dérisoire en apparence, servait à protéger la base sculptée, à limiter les dégâts causés par les éclats de bombes éventuels et, enfin, à stabiliser la colonne en cas d'onde de choc. Ces protections ne furent retirées qu'une fois la guerre achevée. |
13EME ARRONDISSEMENT
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| Pendant toute la seconde guerre mondiale, la gare d'Austerlitz a joué un rôle stratégique majeur. En effet, elle servait, d'une part, au transport de troupes et de matériaux allemands, et d'autre part, elle servait de point de départ pour les Français enrôlés de force pour le Service du Travail Obligatoire. Ce n'est donc pas une surprise si elle était régulièrement la cible d'opérations de sabotage organisées par la Résistance. |
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| Pendant la seconde guerre mondiale, 62 stations servaient d'abris contre les bombardements, mais seulement deux d'entre elles étaient conçues pour résister aux attaques au gaz. Sur cette photo, on peut voir les portes étanches empêchant le gaz de se répandre dans la station. |
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| La station Maison Blanche a connu récemment d'importants travaux de rénovation. Il ne reste plus grand chose de reconnaissable par rapport à la photo d'époque. On peut cependant encore deviner l'emplacement des portes étanches. A noter que la deuxième (et dernière) station équipée contre les attaques au gaz était celle de Place des Fêtes |
14EME ARRONDISSEMENT
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| Pendant l'occupation, les maisons closes étaient toujours en activité (elles ne furent interdites qu'à partir de 1946). Des établissements comme le Sphinx (figurant sur la présente photo) ont été réquisitionnés et réservés en priorité aux soldats et officiers de la Wehrmacht. Les contrôles sanitaires y étaient organisés par l'armée allemande. |
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| Les portes de Paris étaient toutes strictement surveillées. Pour entrer ou sortir de la capitale, il fallait montrer patte blanche ! |
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| De nos jours, seuls les bouchons de la Porte d'Orléans restreignent l'accès à Paris. |
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| Tant que nous sommes Porte d'Orléans, restons-y avec, à la Libération, une croix de Lorraine, déposée, à quelques mètres du barrage de la photo précédente. |
15EME ARRONDISSEMENT
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| Le métro Balard partiellement détruit après un bombardement de la Royal Air Force. Notez la guérite blindée à côté de l'escalier. |
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| Les 16 et 17 juillet 1942, à Paris, plus de 13 000 Juifs - dont de nombreux enfants - sont arrêtés par la police française, agissant sur les ordres du régime de Vichy. Les personnes arrêtées sont d’abord entassées dans le Vélodrome d’Hiver, dans des conditions inhumaines : chaleur étouffante, manque d’eau, de nourriture et d’hygiène. Après plusieurs jours, elles sont transférées vers des camps d’internement en France, puis déportées vers des camps d’extermination. Très peu en reviendront. |
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| Le Vélodrome d’Hiver a été détruit en 1959. Ce bâtiment avait été endommagé par un incendie en 1952, ce qui a conduit à sa destruction, quelques années plus tard. Aujourd’hui, il n’en reste plus rien : le 15 rue Nélaton est occupé par des immeubles modernes. Seul un mémorial rappelle la rafle du Vel' d'Hiv et les victimes de cet événement. |
16EME ARRONDISSEMENT
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| Aussi incroyable que cela paraisse, il y avait un blockhaus, en plein cœur du 16ᵉ arrondissement de Paris ! Construit pour renforcer la sécurité d’un quartier stratégique, il se trouvait à proximité immédiate de l’avenue Kléber et de l’hôtel Majestic, alors utilisé comme quartier général par les autorités militaires allemandes. Ce type de bunker, en béton épais, servait à la fois d’abri et de poste de défense, prêt à résister aux bombardements, tout comme à une éventuelle insurrection. |
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| La Tour Eiffel fut également utilisée comme un outil de propagande. En effet, en 1941, un immense “V” y fut installé. A l’origine ce “V” était utilisé par les Alliés, notamment après les appels de Winston Churchill, comme signe d’espoir et de résistance face à l’armée nazie. Mais les autorités allemandes et le régime de Vichy tentèrent de récupérer ce symbole à leur profit, en le détournant pour leur propre propagande. Visible de loin, ce “V” surplombant Paris illustrait ainsi la bataille des symboles qui se jouait aussi dans la capitale occupée : un même signe pouvait incarner à la fois la résistance, l’espoir… et sa récupération par l’occupant. |
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| La Tour Eiffel, de nos jours, débarrassée de toute propagande. |
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| Comme nous l’avons vu, dans la première partie de cet article, le 23 juin 1940, au lendemain de l'Armistice, Adolf Hitler se rend brièvement à Paris. Cette visite, soigneusement mise en scène (notez le caméraman qui apparait sur cette photo), a lieu tôt le matin et reste très courte. Accompagné de quelques proches, le chancelier allemand parcourt des lieux emblématiques comme l’Opéra Garnier, les Champs-Élysées ou encore la Tour Eiffel. Ce déplacement est surtout un geste symbolique destiné à célébrer la victoire allemande sur la France. |
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| Ces amoureux en Vélib' se doutent-ils que, 80 ans plus tôt, un petit moustachu teigneux se tenait au même endroit ? |
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| Dans la foulée du Führer nombre de soldats allemands vinrent se faire immortaliser devant la Tour Eiffel. |
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| Non, le vendeur à la sauvette ne se met pas à genou devant la Wehrmacht. Je vous assure. |
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| Sprechen Sie Deutsch, Fraulein ? |
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| Pendant la guerre, l’hôtel Raphael fut réquisitionné par les autorités allemandes. Il ne fonctionnait plus comme un hôtel classique, mais servait de lieu de résidence pour des officiers supérieurs de la Wehrmacht, de la SS et de la Gestapo. Il faisait ainsi partie du dispositif de commandement allemand dans la capitale occupée. |
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| L'hôtel Raphael, situé au 17, avenue Kléber, est actuellement en travaux dans le cadre d’une rénovation complète. Fermé depuis fin 2024, il fait l’objet d’une modernisation totale. |
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| La Gestapo française, organisation de collaboration au service de l’occupant nazi, occupait le 93, rue Lauriston. Dirigée notamment par Henri Lafont et Pierre Bonny, la Gestapo utilisait les lieux comme siège pour mener interrogatoires, arrestations et actes de torture contre des résistants et des civils. |
17EME ARRONDISSEMENT
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| Le Théâtre de l'Empire continuait d'accueillir des représentations pendant l'Occupation, avec une clientèle de civils français et de militaires de la Wehrmacht soucieux de divertissement. |
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| Le 13 février 2005, le Théâtre de l'Empire fut détruit par une violente explosion, causée, probablement, par la défaillance d'un chauffe-eau. Le bâtiment situé au 41 avenue de Wagram, fut entièrement détruit, ne causant heureusement que sept blessés légers. Seule la salle Wagram, située à l'arrière de l'édifice, fut épargnée. Un hôtel cinq étoiles s'élève aujourd'hui à l'emplacement de cet ancien théâtre. |
18EME ARRONDISSEMENT
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Situé sur le boulevard de Clichy, le Cabaret de l'Enfer date de la Belle Époque parisienne. Il fut fondé en 1892. Un portier en costume de diable accueillait les clients et à l'intérieur des serveurs étaient déguisés en démon. Que deux soldats allemands se retrouvent devant les portes de L'Enfer est un symbole extrêmement éloquent ! |
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| Fréquenté par les surréalistes - André Breton habitait juste au-dessus -, le cabaret du 53, boulevard de Clichy résista jusqu'à l'après-guerre, avant de disparaitre en 1950, absorbé par un Monoprix. |
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| Si le Cabaret du Ciel et le Cabaret de l'Enfer se côtoyaient au même numéro du boulevard de Clichy, ce n'était pas le fruit du hasard. Antonin Alexander, leur créateur commun, avait conçu les deux établissements comme un diptyque : l'un ne pouvait exister sans l'autre. |
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| Photo de Robert Doisneau, en 1944, montrant la station Lamarck-Caulaincourt, lors d’une alerte aux bombardements alliés. Ouverte en 1912 sur la ligne 12, cette station doit sa vocation de refuge à une simple donnée géologique : ses quais sont enfouis à 25 mètres sous la butte Montmartre. Durant l'Occupation, cette profondeur en fit naturellement l'un des abris anti-aériens du réseau parisien. |
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| Lors des alertes aux bombardements, les Parisiens s'entassaient par dizaines dans la station Lamarck-Caulaincourt, bien au-delà des capacités prévues. |
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| Les couloirs de la station sont désormais vides. |
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| Les temps sont durs pour les Parisiens durant l'occupation, et la survie s'organise du mieux possible. |
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| Le mois de juin 1940 est manifestement un mois propice aux rapprochements pour les soldats allemands. |
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| La station Pigalle transformée en abri. |
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| Les soldats de la Wehrmacht en pleine séance de tourisme à Montmartre en juin 1940. |
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| Attroupement kaki, même si la photo est en noir et blanc, en 1940. |
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| L'amitié franco-germanique revue et corrigée. |
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| Dans la nuit du 2 au 3 octobre 1941, la synagogue de la rue Sainte-Isaure est soufflée par une explosion. Cet attentat s'inscrit dans une vague d'attentats coordonnés frappant simultanément sept synagogues parisiennes. L'opération résulte d'une collaboration entre le Mouvement Social Révolutionnaire (MSR) d'Eugène Deloncle et les services de renseignement nazis, qui fournissent les explosifs. Malgré l'identification rapide des auteurs, aucune arrestation ne s'ensuivra. |
19EME ARRONDISSEMENT
Malgré tous mes efforts, je n'ai malheureusement pas pu trouver de photo probante illustrant l'occupation allemande dans le 19ème arrondissement.
Ma foi, vous avez déjà eu 18 arrondissements d'horreurs brunes, vous pourrez bien faire l'impasse sur le 19ème !
20EME ARRONDISSEMENT
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| Inaugurée en 1881, la caserne des Tourelles est transformée dès 1940 en centre d'internement administratif - aucun jugement n'étant requis pour y enfermer quelqu'un. Environ 1 500 personnes, dont des familles d'« indésirables étrangers », y sont détenues jusqu'en juillet 1941, date à laquelle la Préfecture de police y ouvre officiellement un camp d'internement. À partir du printemps 1942, le site devient le principal lieu d'internement des femmes juives de la région parisienne, Drancy étant alors réservé aux hommes. Le 13 août 1942, les deux tiers des internées sont transférées à Drancy. Le camp est ensuite rattaché successivement aux prisons de Fresnes puis de la Santé. De mars 1943 à février 1944, il accueille principalement des réfractaires au Service du Travail Obligatoire (STO), avant leur déportation en Allemagne. |
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| Après la libération du camp, le 17 août 1944, 3600 personnes sont internées (collaborateurs, ou Allemands), au 141, Boulevard Mortier, jusqu’à la fermeture complète du lieu en décembre 1945. De nos jours, la caserne est occupée par la DGSE. |
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| La piscine des Tourelles (ainsi nommé en raison de sa proximité de la caserne du même nom - voir ci-dessus) a été construite à l'occasion des Jeux olympiques d'été de 1924. La piscine était le siège de la Fédération française de natation, et de nombreuses éditions des championnats de France de natation y ont été organisées. Elle resta ouverte durant la seconde guerre mondiale. |
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| En 1959, la piscine est renommée en hommage au nageur Georges Vallerey, décédé en octobre 1954. Elle se trouve toujours au 148, avenue Gambetta. Elle a été rénovée entre 1986 et 2024. |
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| Tout comme sur les photos précédentes de la Porte d'Orléans, l'armée allemande contrôlait toutes les portes d'accès à la capitale, y compris celle des Lilas. |
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| La station de métro Pyrénées (ligne 11) servit, elle aussi, d'abri anti-aérien pour les habitants du quartier. Photo prise en avril 1944 par Roger Viollet |
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| Salut Frtiz ! Et bon retour à la maison ! |
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